Ezy-sur-Eure, d'hier et d'aujourd'hui
Le site de la
vallée de la rivière d’Eure, où est bâti EZY, est peuplé depuis les
temps préhistoriques.
Le “FORT HARROUARD”
au—dessus du Pré—Ballu, sur un éperon barré dominant la vallée, devenu
ensuite camp romain, les polissoirs néolithiques de l’orée de la forêt
de Dreux, les dolmens de Marcilly et de Cocherelle, en sont autant de
témoignages.
Le nom d’EZY est, à
lui seul, un mystère. Certains lui as signent l’origine d’AISSACUM ou d’ASIACUM,
du nom d’un propriétaire gallo—romain : ASIUS (ASIACUM étant le domaine
d’ASIUS).
LES
TEMPS ANCIENS
De l’EZY moyenâgeux,
on ne sait rien, sinon que ce devait âtre une pauvre bourgade blottie
dans son île (l’actuel quartier de l’île) autour de son église. Cette
dernière, qui datait du 11ème siècle, existait encore, il y a une
vingtaine d’années, mais avait été désaffectée en 1940 après que la
poutre maîtresse du choeur se fut effondrée un dimanche avant la messe.
On prétend même qu’au 17ème siècle, il y avait encore à EZY une superbe
église et deux chapelles — l’église paroissiale qui vient d’âtre citée
aurait été l’une de ces chapelles.
Le
vignoble et le caves d’Ezy
Plus près de nous, le
17ème siècle Vit le creusement des caves d’EZY dans un calcaire marneux,
facile à déblayer. La nécessité était double ; en vallée, il était
difficile d’avoir de bonnes caves spacieuses et sèches pour entreposer
le vin de l’important vignoble.
Par ailleurs, il
existait un octroi dans le bourg et, sur la suggestion de leur curé,
l’abbé Charpentier, un bon normand, les habitants entreprirent de
creuser près de deux cents caveaux, sur quatre rangs, à environ mille
deux cents mètres de l’église. Le vin échappait ainsi à l’octroi c’était
peut—être la première fois que le curé était parfaitement compris de ses
ouailles.
Le vignoble d’EZY
était en effet important. En témoignent les noms de triages de la
commune le chemin des vignes (au bas des caves), les douves (dans le val
d’Huberville), les vignes de Saint Germain.
Le dimanche, les
habitants d’EZY se réunissaient aux caves pour y jouer et boire. Les
femmes bavardaient garçons et filles dansaient — En hiver, on faisait du
feu au fond des caveaux.
Ces heureux temps
eurent leur fin en 1872, lorsque le phylloxéra anéantit totalement le
vignoble normand. Il ne s’en est jamais relevé. Les vignerons,
heureusement, purent se reconvertir dans l’artisanat du peigne, alors en
plein essor
Les caves,
désaffectées, furent occupées par une étrange population de troglodytes,
venue d’on ne sait où et qui ne fut pas sans poser des problèmes à la
municipalité. On les appelait “les caviots”
LES
TEMPS MODERNES
Au 19ème siècle, EZY
s’est rapidement développé. De 709 habitants en 1831, il en comptait I
116 vers 1880 et I 850 au début de notre siècle. Cette prospérité a pour
beaucoup tenu au peigne.
Ezy Capitale
mondiale du peigne
On l’a dit plus haut,
la fabrication de peignes de bois était depuis des temps anciens, une
activité secondaire des vignerons et des sabotiers. Ils allaient livrer
leurs articles à Paris, à pied, couvrant la distance en une journée et
une nuit ... et usant une paire de sabots.
D’artisanale au début,
cette production en vint à se spécialiser en une corporation vers le
milieu du 17ème siècle, corporation qui prit Sainte-Barbe pour patronne,
cette Sainte passant pour avoir été martyrisée avec des peignes de fer.
Le 4 décembre, jour de la Sainte—Barbe, peigniers et vignerons Se
retrouvaient aux Caves dans une saturnale qui n’avait rien de pieux.
De bois, le peigne
devint de corne d’abord sabot de cheval ou d’ergot de vache, puis corne
de boeuf ou de buffle lorsque André Jourdain, un fils d’EZY, eut trouvé
vers 1835 le moyen “d’ouvrir” la corne selon une spirale, de l’amollir
au feu de bois, puis de l’aplanir (la “dresser”) dans une presse de bois
à plateaux verticaux. La qualité du peigne d’EZY venait du savoir—faire
des “peigneux”, ouvriers spécialisés reconnaissables au grand tablier
bleu qui leur enserrait le torse et la taille et à leur casquette pont.
Un bon ouvrier produisait douze peignes par jour, effectuant seul toutes
les opérations nécessaires.
C’est en 1849 qu’eut
lieu une petite révolution avec l’invention de la “mécanique”, scie
circulaire montée sur un chariot mobile qui permettait de scier les
dents directement dans la corne, travail jusqu’alors fait à la main. La
force motrice était donnée par une “cage à écureuil” dans laquelle, pour
faire tourner la roue, on mettait un chien, d’où le surnom de “chiens d’EZY”
donné par dérision à leurs voisins par les habitants d’Anet.
Plus tard, ce fut la
force hydraulique de la rivière (bras de la Garenne qui enserre le
quartier de l’île), puis les moteurs à gaz et enfin les moteurs
électriques au début du siècle.
La qualité du peigne
d’EZY, sans égale, dépassait les frontières et les produits allaient
jusqu’en Amérique. L’écaille et l’ivoire furent aussi travaillés et le
sont encore.
Mais la découverte des
matières plastiques celluloïd en 1895 (les peigneux arrêtèrent alors de
fumer, la poudre de celluloïd étant inflammable et se mirent à priser et
à chiquer I), galalith peu avant 1914, rhodoïd ensuite, retira au pays
son quasi—monopole. La concurrence se fit dure et le coup fatal fut
porté en 1946—1947 avec l’introduction du plastique injecté. Un à un,
les petits ateliers fermèrent. Il n’en subsiste plus que deux
aujourd’hui, fidèles dépositaires d’une tradition artisanale qui fit la
gloire du pays.
De cette époque, il
reste un état d’esprit et une conscience sociale amour du travail bien
fait, mais aussi fierté revendicatrice qui tient à un vieux fond
républicain, socialisant et anticlérical, trouvant ses racines dans une
condition ouvrière artisanale, donc d’esprit indépendant, de la majeure
partie de la population. Au début du siècle, dans la vallée de l’Eure,
on par lait “d’EZY LA ROUGE”.
La
lutherie à Ezy
Il existe au bourg
voisin La Couture—Boussey, une industrie florissante et artisanale
d’instruments de musique à vent en bois : flûtes, clarinettes, hautbois.
Il semble que, tirant parti de l’habileté manuelle acquise à la
fabrication des peignes, des artisans d’EZY se soient mis à l’art de la
lutherie, se spécialisant surtout dans les hautbois. De cet artisanat
naquit peut—être le goût des habitants d’EZY pour la musique,qui se
concrétisa dans la création d’une “Harmonie” qui eut son heure de
gloire,dépassant notre région.
Depuis 1945, à l’image
de tant d’autres localités, les industries se sont diversifiées, les
artisans traditionnels ont disparu ou presque, mais il reste un état
d’esprit, une façon de “prendre la vie” assez indéfinissable, mais
réelle, auxquels les étrangers qui séjournent quelque temps chez nous
trouvent un certain charme. Mais oui, on nous l’a dit !
Quelques
dates...
LE
MARCHE
1860 Création
d’un marché aux légumes fruits et autres menues denrées, le dimanche
matin. Ce marché sera franc de tous droits Jusqu’au dernier dimanche de
juin 1862 inclus.
1861 L’ouverture du marché est fixée du 1er avril au 30 septembre à
8h et du 1er octobre au 31 mars à 9h du matin. L’ouverture était
annoncée au son d’une cloche. cette dernière est déposée dans le grenier
de la Mairie et servait également à indiquer l’entrée et la sortie de
l’école).
1962 Droits de place. Location du M2 ou fraction 5 centimes
1865 0f10 pour les chanteurs, dentistes, colporteurs, herboristes
et autres “à Pieds”. Les mêmes à cheval paieront 0fl5. Les mêmes en
voiture paieront 0f30. Les comédiens ambulants, saltimbanques, paieront
0f25. Les bals publics paieront 1f par jour qu’elle nue soit l’étendue
de la place qu’ils occuperont. Les chevaux de bois ou autres semblables
paieront par jour 0f50 qu’elle que soit l’étendue occupée.
1933 le m² : 0f50
l944 le m² : 3f
1948 le m²: 8f
1953 le m²: 12f
1960 le m² : 0f20
1962 le m² : 0f40
1963 le m² : 0f50
PLACE DE
LA MAIRIE OU DU MARCHE
1859 Procès
Verbal de réception de la première !
1866 Elargissement de la Place
1890 Projets installation urinoirs
1892 Agrandissements
1908 M. Levard demande l’enlèvement des urinoirs, discussions
jusqu’en 1929.!!
1929 Démolition des urinoirs et construction d’un nouveau.
Fourniture par Albert Garçon, d’un isoloir (736F75)
1938 Démolition immeuble Le (Hôtel de la Gare) où s’arrêtaient
les Cars Citroën ligne 40 Porte Maillot-EZY.
1943 Projet construction W C publics et urinoirs
1974 Plantation de platanes en remplacement des tilleuls.
RUE VICTOR HUGO
Victor
Hugo l8C2/l886. Ecrivain, fils d’un Général d’Empire. A sa mort
sec cendres furent transférées au Panthéon. La rue V. Hugo a été créée
sur un tronçon de la “sente de la Vierge Marie"
1902 “rue de la
Salle des Fêtes”
1905 Projet ouverture du prolongement vers la rue A. Briand
1909 Début des travaux, mais arrêt, une maison construite au même
moment empécha de poursuivre |